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    3 septembre 2026 · GEO · SEO · visibilité · freelance

    GEO : se faire recommander par les IA quand on conseille

    Ce que j'ai changé sur mon site et mes profils pour qu'un modèle sache quoi dire de moi, et le test simple pour vérifier.

    Par Marie Van Haecke

    Ce mois-ci, j'ai repris mon profil freelance et mon site personnel avec une seule question en tête : si quelqu'un demande à un assistant de lui recommander un consultant IA, est-ce que le modèle a quelque chose à dire sur moi ? Pas « est-ce que je remonte sur la requête ». Est-ce qu'il sait quoi répondre. Ce sont deux chantiers différents, et le second commence à compter autant que le premier.

    Classement d'un côté, sélection de l'autre

    Un moteur de recherche te renvoie une liste et te laisse trancher. Tu vois dix résultats, tu en ouvres trois, tu compares. Un assistant te renvoie deux ou trois noms, une phrase pour chacun, et beaucoup de gens s'arrêtent là. Il n'y a pas de deuxième page à faire défiler.

    Pour un indépendant, la conséquence est directe : être bien positionné ne suffit plus, il faut être citable. Ce sont deux propriétés distinctes. Une page peut très bien remonter sur une requête tout en n'offrant à un modèle aucune phrase reprenable — parce qu'elle ne dit rien de vérifiable, ou qu'elle le dit d'une façon qui ne survit pas à l'extraction.

    Et un modèle qui n'a rien de net à dire sur toi ne va pas inventer. Il cite quelqu'un d'autre.

    Une entité, pas une collection de pages

    C'est le point que j'ai le plus sous-estimé. Un modèle ne consolide pas des pages, il consolide une entité : une personne, une activité, un périmètre. Si tes différentes présences racontent des histoires légèrement différentes, il n'y a rien à consolider.

    Regarde ce que tu affiches aujourd'hui sur ton site, tes plateformes freelance, tes réseaux, les annuaires où tu traînes encore. Même nom, écrit pareil ? Même intitulé de métier ? Même périmètre d'intervention ? Dans mon cas, non. J'avais trois formulations de mon activité et deux périmètres qui ne se recouvraient pas complètement. Rien de faux, mais rien d'alignable non plus.

    Deux choses concrètes que j'ai faites :

    • Un seul intitulé, repris mot pour mot partout, et une même phrase de périmètre. Pas une déclinaison par plateforme.
    • Un seul bloc de données structurées sur mon site, qui décrit qui je suis et ce que je fais, avec les liens vers mes autres profils dedans. Un seul, qui fait autorité. J'insiste, parce que c'est un piège courant quand on ajoute des pages au fil du temps : deux blocs qui décrivent la même personne de deux manières différentes, c'est pire que pas de balisage du tout.

    Ce travail-là n'est pas glamour et il ne se voit pas. C'est aussi celui qui a le meilleur rapport effort/effet.

    Écrire des choses qui peuvent être reprises

    Ce qui se cite bien a des propriétés assez reconnaissables : une réponse directe dans les premières lignes, une idée par paragraphe, des ordres de grandeur qualifiés plutôt que des affirmations rondes, des positions assumées — y compris celles qui disent qu'une approche ne marche pas.

    Ce qui ne se cite pas : « accompagnement sur mesure », « solutions innovantes », les pages de vente, les listes d'adjectifs. Non pas parce que c'est mal écrit, mais parce qu'il n'y a rien à en extraire. Sorties de leur page, ces phrases ne répondent à aucune question.

    Le test que j'applique à un paragraphe :

    Sorti de la page et lu seul, est-ce que ce paragraphe répond à une question que quelqu'un se pose vraiment ?

    Si la réponse est non, ce n'est pas du contenu, c'est du remplissage. Et un modèle le traite comme tel.

    Le test que je fais toutes les deux semaines

    Il est simple et il coûte dix minutes.

    Pose à trois ou quatre assistants la question que poserait ton client — pas ton nom. Ton nom, tu vas toujours obtenir quelque chose, et ça ne t'apprend rien.

    Je cherche un consultant pour cadrer un projet d'IA dans une PME française. Qui peux-tu me recommander, et pourquoi ?

    Puis regarde deux choses. La première, évidemment : est-ce que tu apparais. La seconde est plus instructive : comment tu es décrite quand tu apparais. C'est là que tu vois ce que ta présence en ligne raconte réellement, par opposition à ce que tu crois qu'elle raconte. La première fois que je l'ai fait, la description qui remontait était correcte mais centrée sur une partie de mon activité que je ne mets plus en avant. Personne ne m'aurait dit ça autrement.

    Varie les formulations, et note les réponses quelque part. C'est la tendance sur plusieurs passages qui est utile, pas le résultat d'un jour.

    Ce que ça ne garantit pas

    Je préfère être nette là-dessus, parce que le sujet attire beaucoup de promesses.

    Ces mécaniques sont opaques et changent souvent. Tu n'as aucun levier direct, aucun engagement de résultat à attendre, et personne ne peut te vendre un « référencement garanti dans les IA ». Ce que tu peux faire, c'est arrêter de rendre ton cas difficile : cohérence, clarté, contenu extractible.

    Ça ne remplace pas non plus les recommandations humaines, qui restent de très loin le premier canal quand on vend du conseil. C'est une couche en plus, pas un substitut.

    Dernier point, et c'est le plus important : ne te mets pas à écrire pour la machine. Le contenu qui se fait citer est le contenu utile. Le jour où tu optimises au détriment du lecteur, tu perds les deux.

    Par quoi commencer demain

    Une heure, deux actions.

    Ouvre côte à côte ton site et tes profils, et aligne l'intitulé et la phrase de périmètre. Mot pour mot. Puis pose la question de client à deux assistants et note ce qui remonte, ce qui te donnera un point de comparaison dans quinze jours.

    Le reste — le balisage, le contenu, le rythme de publication — vient après, et c'est du travail de fond. Mais l'incohérence entre tes propres pages, ça se corrige aujourd'hui, et rien ne fonctionnera tant qu'elle est là.

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