Les roadmaps annuelles ont du sens dans une entreprise qui sait ce qu'elle vend, à qui, et combien. Dans une startup early-stage, elles font perdre 12 mois.
Pourquoi les roadmaps longues échouent en early-stage
- Ton marché change tous les 3 mois. Ton produit aussi.
- Tu n'as pas assez de data pour prévoir plus loin que ton prochain release.
- Les équipes finissent par livrer ce qui est sur la roadmap, pas ce qui crée de la valeur.
Une roadmap à 18 mois en early-stage, c'est de la fiction qui rassure les investisseurs.
La roadmap "3 mois, 3 questions"
Je recommande aux équipes que j'accompagne ce format minimal :
1. Quel problème utilisateur on attaque ce trimestre ?
Un seul. Le plus douloureux, le plus rentable, ou le plus bloquant pour la prochaine étape de croissance.
2. À quoi on saura qu'on a réussi ?
Un KR mesurable. Pas "améliorer l'onboarding" — "passer de 40 % à 60 % d'activation à J+7".
3. Qu'est-ce qu'on ne fera pas ?
C'est la question qui compte le plus. Écris à voix haute les 5 choses que tu te refuses de faire ce trimestre. Tu vas être tentée de craquer dans 3 semaines — relire cette liste te sauvera.
Le format physique
Une page A4. Trois sections. Affichée dans le canal #produit Slack et imprimée dans la salle de réunion. Si tu as besoin d'un Notion à 12 onglets, c'est que tu as trop d'objectifs.
Et la vision long terme ?
Garde-la séparée. Ta vision peut tenir sur 3 ans. Ta roadmap tient sur 3 mois. Ne les confonds jamais.
Comment démarrer demain
- Bloque 2 h avec l'équipe vendredi.
- Écris le problème, le KR, et les 5 "non".
- Engage-toi à ne pas y revenir avant 6 semaines.
- Au bout de 3 mois, fais une rétro : qu'est-ce qu'on a appris ?
La roadmap n'est plus un document. C'est une décision.